À propos

Afrorescences est une plateforme de recherche, de réflexion et de partage consacrée à l’art et aux artistes visuel·les afrodescendant·es sur le territoire français. Elle s’inscrit dans un projet de recherche mené conjointement par l’Université de Montréal (Canada) et l’Université Emory (États-Unis), qui explore, documente et analyse les enjeux esthétiques et politiques des productions artistiques portées par les artistes afrodescendant·es.

À travers une approche décoloniale, qualitative, qui remet en question les récits dominants et valorise les savoirs et les pratiques situés, ce projet vise à comprendre comment les art(iste)s contribuent à repenser les discussions sur la race, l’identité nationale et le genre, tout en proposant d’autres récits, d’autres perspectives, d’autres futurités possibles.

La plateforme constitue bien plus qu’un simple répertoire : elle devient un outil puissant pour amplifier et faire rayonner les productions artistiques et les artistes afrodescendant·es, trop souvent effacé·es des expositions et des collections institutionnelles sur le territoire français. Cet espace se veut une ressource pour partager des connaissances, créer des conversations et tisser des relations. En accès libre et bilingue (français-anglais), il regroupe une dizaine d’artistes en activité depuis 2005.

Le contenu présenté résulte de recherches de terrain, d’entrevues, de lectures critiques et de dialogues avec des artistes, des militant·es et des chercheur·ses. Il reflète une volonté de rendre accessibles des réflexions universitaires tout en reconnaissant et valorisant les savoirs expérientiels et communautaires. Vous y trouverez une arborescence de personnes actrices de l’écosystème artistique afro-diasporique et d’événements, tels que des expositions, des rencontres ou des ateliers. Cette arborescence vise à montrer, au fil du temps, le paysage de cet écosystème et les relations entre les personnes, par l’intermédiaire des collectifs, des événements et des lieux, tout en mettant en lumière la diversité de leurs productions artistiques.

L’objectif de ce site n’est pas d’offrir une vision figée des productions artistiques afrodescendantes françaises, mais plutôt de tracer des pistes, de poser des questions et de rendre visibles des pratiques parfois éclipsées par les canons esthétiques dominants. Il s’adresse autant aux personnes engagées dans les milieux artistiques qu’aux chercheur·ses, étudiant·es ou curieux·ses souhaitant mieux connaître les art(iste)s afrodescendant·es contemporain·es du territoire français.

Ce projet repose sur une posture éthique fondée sur l’écoute, la coconstruction et le respect des voix qui s’expriment. Il reconnaît les héritages coloniaux et racistes présents dans les institutions, y compris universitaires, et cherche à créer un espace favorisant la déconstruction de ces systèmes en collaborant avec les communautés concernées plutôt qu’en parlant à leur place.

Enfin, ce site est en constante évolution. Conçu comme un espace vivant, il demeure ouvert à la contribution, à la discussion et à la transformation. Si vous souhaitez proposer une ressource ou entrer en dialogue avec ce projet, n’hésitez pas à nous contacter.

Nous espérons que cet espace pourra nourrir vos réflexions, éveiller votre curiosité, et peut-être inspirer de nouvelles collaborations créatives.

Bios

David Bipolo

Auxiliaire de recherche depuis 2025, David Bipolo aide à rédiger les descriptions des collectifs et contribue à la recherche générale d’Afrorescences*.* Détenant une pratique artistique, titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia, et poursuivant des études supérieures en histoire de l’art à l’Université de Montréal sous la direction de la professeure Abigail E. Celis, David Bipolo apporte un soutien conceptuel pour aborder les multiples éléments composant le discours d’Afrorescences*. *

Abigail E. Celis

Professeure adjointe à l’Université de Montréal, ses recherches portent sur le legs colonial français, la création artistique contemporaine et les pratiques muséales. Cochercheuse principale d’Afrorescences, elle a conceptualisé le projet et obtenu son financement. Elle contribue notamment à la revue de la littérature et aux entrevues, et apporte une perspective de muséologie critique et des approches décoloniales. Elle s’occupe de la gestion du projet et de la supervision des auxiliaires de recherche. 

Mariama Conteh

Mariama Conteh est une artiste qui vit et travaille en Île-de-France. Après des études à Sciences Po Paris, La Sorbonne Paris IV et Mount Holyoke College (États-Unis), elle obtient un diplôme d’expression plastique des Beaux-Arts de Cergy en 2025. Elle est membre fondatrice de l’association Transplantation Project à Paris. Elle travaille à l’élaboration du site Afrorescences depuis ses débuts en 2023 en tant qu’auxiliaire de recherche, et apporte des données qualitatives sur les acteurs de la scène artistique diasporique contemporaine. 

Caroline Keisha Foray

Doctorante en travail social à l’Université de Montréal, elle explore les liens entre mouvements sociaux et arts, avec un intérêt particulier pour l’artivisme au sein des communautés noires canadiennes. Auxiliaire de recherche, elle participe aux orientations du projet, à la transcription et à l’analyse d’entrevues ainsi qu’à la rédaction pour le site Web, et apporte une perspective critique sur les enjeux de justice sociale et dans les dialogues entre pratiques artistiques et engagement sociopolitique. 

Célia Mbas

Étudiante en maîtrise en muséologie à l’Université de Montréal, Célia Mbas s’intéresse au rôle social des musées, aux expositions d’art actuel et aux pratiques de commissariat d’exposition engagé. En tant qu’auxiliaire de recherche, elle documente les écosystèmes artistiques afro-diasporiques, participe à la réalisation d’entrevues, à la rédaction de textes et au développement numérique et conceptuel du site Web. Elle contribue également à l’aspect juridique et apporte un regard critique en muséologie. 

Johanna Montlouis-Gabriel

Johanna Montlouis-Gabriel est professeure adjointe à l’Université d’Emory (États-Unis). Ses recherches portent sur l’afroféminisme dans les productions culturelles contemporaines françaises et les technologies numériques liées aux corps noirs. Cochercheuse principale d’Afrorescences, elle a participé à l’élaboration du projet, à la revue de la littérature et aux entrevues. Elle apporte une perspective de pédagogie décoloniale. Elle s’occupe de la gestion du projet, supervise les auxiliaires de recherche et le volet Humanités numériques. 

Trésor Niyonkuru

Trésor est un créatif multidisciplinaire qui poursuit une maîtrise en cinéma, jeu vidéo, télévision et arts médiatiques à l’Université de Montréal. Ces axes de recherche pointent vers les mémoires et les questions d’ordre sociologique, anthropologique et philosophique, en utilisant comme médian et média l’art numérique ainsi que la musique. D’origine burundaise, ayant toujours vécu en Belgique et étudiant maintenant en Amérique du Nord, Trésor a été poussé à se joindre au projet Afrorescences par son intérêt pour les questions d’identités fractionnées.

David Duhamel

David Duhamel est titulaire d’une maîtrise en histoire de l’art de l’Université de Montréal. Auxiliaire de recherche de 2023 à 2024, il a contribué aux recherches préliminaires et à l’évaluation éthique de la méthodologie d’entrevue, et à la coordination de celles-ci.

Mariah O’Brien

Mariah O’Brien a fait des études doctorales à Université de Montréal et travaille dans le milieu des galeries d’art actuel. Auxiliaire de recherche de 2023 à 2024, elle a contribué aux recherches préliminaires et à l’évaluation éthique de la méthodologie d’entrevue, et à la coordination de celles-ci.

Q et R

Sur le projet

Que signifie le titre « Afrorescences » ?
Afrorescences est la fusion des mots Afro et arborescences. Ce titre reflète l’esprit, les origines et les ambitions du projet : une ramification vivante à l’image des groupes d’artistes et de travailleur·ses de l’art et de la culture avec qui nous nous sommes entretenu·es. En tissant des liens entre les identités multiples, le projet prend ancrage dans les racines du passé, tout en suivant les effervescences du présent.

Comment est né ce projet ?
Le projet est né d’un besoin de documenter, de valoriser et de faire dialoguer des parcours d’artistes visuel·les noir·es en France, souvent sous-représenté·es dans les récits dominants de l’histoire de l’art.

Pourquoi s’intéresser aux artistes visuel·les noir·es sur le territoire français ?
En France, les artistes noir·es sont souvent sous-représenté·es dans les institutions culturelles, les collections, les programmes de recherche et les médias. Leur présence dans l’histoire de l’art reste marginalisée, malgré la richesse, la diversité et la force politique de leurs œuvres. Parce qu’il est essentiel de documenter des expériences et des récits souvent invisibilisés, et de les inscrire dans l’histoire culturelle française de manière consciente et située, ce projet s’inscrit dans une volonté de visibilisation, de justice narrative et de mémoire. 

Il ne s’agit pas d’« inclure » ces artistes, mais de remettre en question les structures de l’exclusion et d’ouvrir un espace pour des récits autonomes, situés et pluriels. En se concentrant sur le territoire français, il permet aussi de mettre en lumière des dynamiques spécifiques liées à l’histoire coloniale, à l’immigration, à l’identité noire en contexte hexagonal, et aux enjeux contemporains de représentation.

Quelle est l’approche méthodologique du projet ?
L’approche méthodologique du projet combine :

  • Des entretiens semi-directifs : menés dans un cadre respectueux, souvent en dialogue, laissant place à la parole libre des artistes.
  • Une logique qualitative et collaborative : chaque entretien est coconstruit avec les participant·es, qui peuvent relire, corriger ou retirer leurs propos au besoin.
  • Une dimension archivistique : la mémoire orale et les trajectoires individuelles sont traitées comme des sources à part entière, contribuant à une histoire de l’art alternative et vivante.
  • Un ancrage critique : le projet adopte une lecture décoloniale et intersectionnelle des pratiques artistiques, c’est-à-dire une approche qui remet en question les héritages coloniaux et prend en compte la manière dont différentes formes d’oppression et d’inégalités (genre, race, classe, etc.) se croisent, attentive aux rapports de pouvoir, aux histoires sociales, aux identités multiples.

Cette méthodologie vise à produire une documentation fidèle et engagée, tout en respectant les rythmes, limites et consentements de chacun·e.

Quel est l’objectif de ce site ?
Offrir un espace de ressources, de témoignages et de visibilité pour les artistes noir·es en France. Il vise à informer, inspirer et nourrir les échanges autour de leurs pratiques.

Ce projet est-il universitaire, artistique, communautaire (ou un mélange des trois) ?
C’est un projet hybride, à la croisée de la recherche universitaire, de la création artistique et de l’engagement communautaire.

Comment est financé ce projet ?
Le projet est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), dans le cadre du programme Subventions de développement Savoir, et par le Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC), dans le cadre du programme Soutien à la relève professorale.

Sur le contenu

Comment les entrevues ont-elles été réalisées ?
Les entrevues ont été menées à distance par visioconférence, sous forme de conversations enregistrées avec le consentement des participant·es.

Comment a-t-on sélectionné les participant·es ?
Les participant·es ont été choisi·es pour la diversité de leurs parcours et de leurs pratiques, leur engagement social et sociétal, ainsi que leurs démarches collaboratives, en écho avec les thématiques du projet. La sélection des participant·es s’est appuyée en partie sur des relations personnelles ou professionnelles des membres de l’équipe, afin de favoriser la prise de parole et l’écoute grâce à des liens de confiance préexistants. Cette approche a néanmoins entraîné une surreprésentation de personnes issues de ces réseaux, en particulier dans la région parisienne, du fait à la fois des contacts de l’équipe et de la centralisation des institutions artistiques. Nous reconnaissons ce biais de recrutement et envisageons, pour la suite du projet, d’élargir la sélection à d’autres régions, y compris hors de l’Hexagone, afin de mieux refléter la diversité des parcours et des pratiques artistiques.

Peut-on accéder aux enregistrements audio/vidéo ?
Pas pour le moment. Aucun enregistrement audio ou vidéo n’est accessible sur le site afin de respecter les accords avec les participant·es.

Comment les données sont-elles utilisées ?
Les données sont utilisées à des fins de diffusion, de recherche et de documentation, dans le respect des droits des participant·es et des accords passés avec elles et eux.

Sur les contributions

Puis-je proposer une collaboration ou partager mon expérience ?
Oui, nous accueillons volontiers les propositions de collaboration. Vous pouvez nous contacter au moyen de notre formulaire : forms.gle/gjt9xRxhxig4L1XF6

Comment citer ce site dans un travail de recherche ?
Vous pouvez citer le site comme suit : 

  • APA (7e édition) : Afrorescences. (2026). Titre de la page consultée. Afrorescences. bib.umontreal.ca/afrorescences
  • MLA (9e édition) : Afrorescences. « Titre de la page consultée ». Afrorescences, 2026, ~~https://www.~~bib.umontreal.ca/afrorescences.
  • Chicago (17e édition) : Afrorescences. 2026. « Titre de la page consultée ». Afrorescences. bib.umontreal.ca/afrorescences.
  • ISO 690:2021 : Titre de la page consultée. En ligne. Afrorescences. 2026. Disponible sur : bib.umontreal.ca/afrorescences. [consulté le jj/mm/aaaa].

Le contenu est-il libre de droit ?
Non, sauf mention contraire. Tous les contenus sont protégés par le droit d’auteur. Toute reproduction doit faire l’objet d’une demande.

Sur les pratiques éthiques

Quelles valeurs guident ce projet ?
Ce projet est guidé par des valeurs fondamentales, qui ne sont pas seulement déclaratives, mais réellement intégrées à chaque étape du travail :

  • L’écoute: prendre le temps d’écouter les récits, les silences, les nuances, sans chercher à les interpréter de manière normative.
  • Le respect: des temporalités, des émotions, des parcours, des choix de visibilisation ou d’anonymat.
  • La justice narrative: redonner une place centrale aux voix historiquement marginalisées.
  • L’autonomie des récits: chaque artiste est maître de sa parole, de son image, de sa mémoire.
  • La critique des structures: ce projet interroge les normes dominantes du monde de l’art, les exclusions raciales, genrées, économiques qui le traversent.

En bref, il ne s’agit pas seulement de collecter des contenus, mais de créer un espace de soin, de transmission et de réappropriation.

Sur les contacts et les mises à jour

Comment vous contacter ?
Vous pouvez nous écrire en utilisant le formulaire de contact : forms.gle/gjt9xRxhxig4L1XF6

Le site sera-t-il mis à jour régulièrement ?
Le site actuel est un prototype qui ne permet pas de mises à jour fréquentes, en raison de contraintes techniques. Après une période d’évaluation, de réflexion et de nouvelles recherches, nous espérons publier une version enrichie et plus souple, qui nous permettra de réaliser des mises à jour régulières.

Où suivre les actualités du projet et des artistes ?
Nous vous invitons à consulter, dans les notices biographiques, les liens vers le site Web ou les réseaux sociaux des participant·es.